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Expo au Lieu : Maignant jette le trouble dans
l'espace, 2002
Le travail d'Anne-Sophie Maignant interroge
nos perceptions du réel en bousculant les repères
habituels de lecture
Anne-Sophie Maignant jette gentiment le trouble sur la perception
de l'espace.
Autour du bol et de l'encre de Chine, savamment mis en scène,
les courbes sourient dans les coins.
Un travail photographique aussi ludique que rigoureux.
A découvrir à la galerie Le Lieu jusqu'au 20 octobre,.
I-Les travaux de cette photographe issue des arts plastiques et
aujourd'hui thésarde à l'université de Paris
1, posent d'entrée de jeu le distinguo entre deux familles
d'images : celles qui saisissent l'action a
et celles qui sont le fruit d'une mise en scène.
Si Anne-Sophie Maignant inscrit son travail dans la deuxième
catégorie,c'est pour mieux interroger nos perceptions physiques
du réel.
D'ailleurs, du premier regard porté sur les tirages on
déduit un travail de retouche. Idée fausse autant
que vulgaire. " Le travail que je présente est exclusivement
photographique.Je ne peins, ni ne retouche l'image ".
Maignant trompe son monde en douceur, en jouant avec les courbes
et les "aberrations spatiales" : aaa
" Je me sens très influencée par les
travaux de Jan Dibbets ".
Encre de Chine et bol : Anne-Sophie Maignant puise également
son inspirationdans l'art et les représentations du monde
extrême-orientales.
II-Corps raccord.
Mais la photo ne vaut pas que pour la simple simulation. Si une
note d'humour façon " non-sens " domine la plupart
des images, l'artiste travaille sur la représentation du
corps, le mouvement et la question de l'instantanéité.
" J'ai tendance à penser que le corps est une sorte
d'échangeur local. Il n'y a pas de distinction corps
a et esprit ".
Ces corps apparaissent toujours un peu flous : " Ils perdent
du volume et les détails disparaissent afin de mieux s'intégrer
dans le continuum de l'image ".
Seuls, en di ou triptyques, les tirages sont présentés
sous une épaisse couche de plexiglass qui enrobe l'image
dans une patine particulièrement douce.
III-Vidéos
L'exposition est complétée par une installation
vidéo et deux courtes séquences vidéos. A
vocation pour ainsi dire pédagogique, la première
présente la méthode utilisée par Anne-Sophie
Maignant. La seconde rapproche davantage l'artiste du court métrage
en constituant une sorte de narration animée, à
la suite des images exposées.
Olivier Scaglia
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